Des Iles Cies à Lisbonne

Les Cies sont constituées de trois îles : Monteagudo et Faro sont reliées par la très belle plage de Las rodas : magnifique zone de mouillage. L’île de San Martino se situe au sud des deux premières, le bras de mer les séparant (A porta) constitue un passage vers les mouillages quand on vient de l’ouest.

Les îles Cies font partie du Parque Nacional das Ilas Atlanticas de Galicia ; le mouillage, la pêche et les visites sont règlementés.

Il n’y a pas de bouées pour les bateaux de passage. Pour mouiller il faut avoir fait une déclaration spécifique sur le site du Parque Nacional. La vedette de la Guardia civil vient tourner quotidiennement sur la zone, et il arrive que les agents, avec leur semi rigide, accostent un ou deux bateaux, invitant ceux qui n’ont pas fait leur demande d’autorisation de mouillage à y procéder sans tarder. Le pavillon breton dix fois plus grand que le pavillon de courtoisie espagnol, a valu à nos compatriotes malouins, un contrôle approfondi sans conséquence.

Le mouillage de Las Rodas, bien protégé du secteur Ouest, est tranquille, à condition toutefois de ne pas se placer trop près de l’embarcadère qui accueille en saison un ballet incessant de navettes.

Le calme absolu du mouillage de Sao Martino nous a permis d’apprécier pleinement cet écrin marin et de verdure.

Sur les îles principales, l’un des deux bars restaurants, côté camping, nous a permis de suivre en petit comité, la finale de la coupe du monde de football. Quatre français, quatre croates, deux espagnols et le patron qui comptait bien doubler son chiffre d’affaires pour cette belle occasion. L’épicerie, pour le strict nécessaire, se concentre sur la vente de glaces.

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C’est un petit paradis… Belles balades à pied, ou autour des îles en kayak, l’eau n’est pas totalement limpide mais constitue, sous la surface, le principal lieu d’animation : maquereaux, mulets, bars, petits crabes chevelus nageant par milliers, offrent des repas de choix pour les oiseaux de mer, goélands et cormorans, et pour les dauphins. Un soir, alors que nous étions au mouillage à une cinquantaine de mètres de la plage de Sao Martino, un dizaine de dauphins sont venus festoyer pendant une bonne demi-heure autour d’Elusive Butterfly. « Flipper », le plus gros dauphin s’est même aventuré entre le voilier et la plage pour nous saluer en nageant à reculons !

Vigo n’est pas loin, nous allons y passer deux jours. Première étape à la marina Davilla sport. Excellent accueil mais c’est cher – plus de 40 € la nuit – et en bout du port de commerce de Bouzas, à plus de deux km des faubourgs de Vigo (heureusement, la marina met gratuitement des vélos à disposition). Nous y dénichons un magasin d’accastillage à la manière de nos quincailleries traditionnelles regrettées : chez Jesus Betanzos (rua de Eduardo Cabello). On y trouve tout ! C’est encore mieux qu’à Paimpol ! Et juste à côté, le supermercado Froiz, qui assure la livraison directement au bateau.

L’avis de vent frais nous incite à rester à Vigo. Nous allons nous poser à la marina du Real Club Nautico. En chemin, toujours un peu d’entraînement Sécurité. Cette fois, c’est la casquette à la mer…. Il n’y a pas de petits entraînements !

À la marina, accueil efficace avec aide à l’amarrage, moins cher (27€ eau et électricité comprises) et en centre ville. Petite visite et mission bouteille de gaz ; on peut en commander au bureau du port mais livraison quatre jours plus tard …). Finalement nous en avons trouvé à la ferreteria Iturmendi, à un petit quart d’heure à pied du port.

Il est temps de prendre la direction du Sud pour rejoindre Lisbonne sans trop se presser. Nous ne tenterons pas l’escale dans le Rio Minho, il est prudent de ne s’y engager qu’avec un dériveur ou au moins une quille relevable. Donc petit arrêt à Baiona. La cité est charmante, mais l’accueil et l’équipement sanitaire du port sont largement perfectibles… Nous nous amarrons près de Iolaire, que nous retrouverons à Nazaré puis à Cascais.

Départ le lendemain matin de bonne heure pour Viana do Castelo, en profitant du flux de Nord qui nous aura accompagné durant toute notre descente des côtes portugaises. Arrivée bon plein dans le coude d’entrée entre les planches à voile et avec des claques à 35 nds. Et une incertitude sur l’atterrissage car une passerelle (pivotante) fermait l’entrée de la marina, le courant de marée montante nous déportait sur le pont de fer, le dit pont de fer étant trop bas pour que nous passions dessous. Obligation de réussir la manœuvre, nous comptons sur le moteur … Eh pour cette fois, c’est bon ! Nous nous amarrons au ponton d’accueil installé juste avant l’entrée du port sur le fleuve Lima. Les romains avait nommé ce fleuve Léthé, en référence à la fille d’Éris, personnification de l’Oubli. En effet, le fleuve avait la sale réputation de faire perdre la mémoire à ceux qui le traversaient. Il n’en fut rien pour Decimus Julius Brutus Callaicus. En une magistrale leçon de management, il le traversa, dit-on, lui-même puis appela chacun de ses soldats à le suivre en les appelant chacun par leur nom…

Très belle journée à Viana, petite ville souriante et animée. Le jumelage culturel de la Ville nous a permis de découvrir et d’apprécier des danses traditionnelles de plusieurs pays : Portugal, Pologne, Sicile, Brésil, Ghana, …. Un spectacle de très bonne facture !

Direction Porto le lendemain, navigation tranquille, même s’il faut surveiller les bouées de filets et casiers très nombreuses le long des côtes portugaises même à une bonne distance des côtes.

Beaucoup de bateaux en transit s’arrêtent à la marina de Leixos, ce qui évite de s’engager dans le fleuve Douro, réputé pour ses courants forts. Pourtant entrer dans le lit d’une rivière ou d’un fleuve est toujours une expérience particulière car c’est là que s’opère la jonction entre la terre habitée et la mer. Nous décidons donc d’entrer dans le Douro et de rejoindre la marina da Afurada, aménagée sur la rive gauche. Le village de pêcheurs est juste à côté. La sardine y est fraîche, savamment préparée sur des grills installés sur les trottoirs. Avec un verre (ou deux) de vinho verde bien frais, un régal absolu !

Un lavoir intercommunal flambant neuf regroupe des femmes et des hommes du village. Plus de 2 000 mètres carré en bord de Douro réservés au séchage du linge. Une vraie priorité.

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Comme dans quasi toutes les marinas au Portugal, l’accueil est très sympathique, bien sûr avec une aide à l’accostage. Nous tentons quelques mots en portugais. Mais il y a toujours quelqu’un qui parle très bien le français !

Le tri sélectif est présent partout, quatre bacs à l’entrée de chaque ponton.

Visite de Porto, et de la cave Ramos Pinto. Le tourisme est roi, c’en est étourdissant…

Assez grosse étape pour rejoindre Peniche, avec une nuit de navigation au portant et une arrivée par l’archipel des Berlingas. A proximité, le canyon marin de Nazaré est plus profond que celui du Colorado. Décrochage vertigineux : de 100m à plus de 3000m, produit des mouvements d’eau et des vagues surprenantes. Très impressionnant… surtout par l’idée que l’on se fait du vraiment « grand bleu ».

Rien à signaler à Péniche. Par exception aucun accueil, ni par VHF ni au ponton. Et personne au bureau du port. Nous ne pouvons même pas sortir dans la ville car il faut un badge pour accéder au ponton… C’était dimanche !

Nous repartons le lendemain matin pour tenter le mouillage aux îles Berlinguas. Contrairement à ce qui était indiqué sur certains guides, il n’y a pas de bouées visiteurs. Alors c’est un jeu : vous vous amarrez à une bouée en apparence non attribuée et peu de temps après un bateau local s’approche et l’on vous hèle : « C’est ma bouée mais vous pouvez prendre celle qui est là à côté! »… Et la même scène se reproduit quatre ou cinq fois. Pas grave, on finit par se fixer quand le trafic diminue en fin d’après-midi.

Petit tour en kayak pour visiter les grottes, creusées dans les falaises de porphyre, qui font la réputation des Berlinguas.

La « grotte bleu » (A grota azul), située sous le fort Sao Joao Baptista, est incroyable : une fois à l’intérieur l’eau colore la main qu’on y trempe, ou tout objet, d’une fluorescence bleu turquoise. Une autre grotte traverse l’île de part en part… Magique! Quelques lancers le soir : en 20 mn cinq maquereaux et un chinchard, qui feront notre dîner.

NAZARÉ

Le lendemain nous décidons de remonter un peu vers le Nord pour voir Nazaré, célèbre spot de surfeurs. La vague peut atteindre 30 mètres (record en novembre 2017) quand les conditions météorologiques sont réunies. Les surfeurs la guettent sans difficulté car elle est annoncée plusieurs mois à l’avance grâce à des calculs savants de température de l’eau, de pression atmosphérique, de direction du vent …..

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Entrée dans le port. On y trouve deux marinas, une première à gauche, qui est bien entretenue et une autre, au fond du port de pêche, dont nous nous approchons suffisamment pour voir des pontons assez délabrés, et … être invités à s’y amarrer.

Le couple qui nous accueille si chaleureusement habite sur le voilier Amélie. Eric et Nathalie, et leur fils Loïc sont là depuis cinq ans !

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Le jour suivant, visite du monastère de Batalha, à 1H de car de Nazaré. Le monastère a été érigé après la victoire des Portugais, conduits par Joâo 1er, sur les Castillans à Aljubarrota en 1385. Grandiose ! Les visiteurs ne sont pas trop nombreux. La majesté et solennité du site rend le touriste respectueux et recueilli.

 

 

Nazaré donne aussi des idée à celui qui veut travailler au soleil : kiné sur la plage ! Sympa …

Nous quittons Nazaré à 6H du matin pour une belle navigation au portant, sous spi du cabo Carvoeiro au cabo Raso et arrivons à Cascais (prononcer Cashcaïsh) à 19H. Pour mieux voir l’éclipse de lune, nous optons pour un mouillage dans la baie.

 

Les cinq marinas sur le Tage, plus proches du centre de Lisbonne, à en croire ceux qui en revenaient, étaient toutes pleines comme des oeufs.  Nous leur préférons celle de Cascais, qui présente toutes les commodités pour faire l’avitaillement avant la traversée jusqu’à Madère.

Visite de Lisbonne sur deux thèmes : Fernando Pessoa et le Fado.

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  • En grande discussion avec Fernando Pessoa à la terrasse d’A Brasileira

 

 

 

 

 

 

Et un tour à Sintra, visite rapide du Palacio Nacional da Pena : tous les styles, toutes les couleurs, ce château a dû inspirer Walt Disney…

Soirée très sympa avec Jean-Pierre et Françoise qui continueront avec Iolaire vers le détroit de Gibraltar et hiverneront à Valencia.

Arrivée de Michel et Evy. Il faut partir dès le lendemain matin. La dépression qui se dirige Nord Ouest depuis les côtes marocaines, risque de nous encalminer si nous tardons trop.

4 commentaires sur “Des Iles Cies à Lisbonne

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  1. MERCI de nous faire partager votre voyage et de nous faire rêver confortablement assis😊.Moi aussi je pense immanquablement à vous. En vous souhaitant de vivre chaque jour au mieux ce voyage. De gros Bisous

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  2. Je viens de parcourir ce trés beau texte…le parcourir seulement et donc je le lirai mieux à tête reposée…j’avais fait ce voyage côté terre pour la partie portugaise et cela me rappelle de sacrés souvenirs.Hâte de lire tout ce que vous allez nous faire partager cet hiver.La Biz.Mireille.

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  3. je me suis mis a visiter les cotes portugaises ; c est un plaisir et une belle leçon de geographie . merci à vous deux ; je continue de vous suivre bien sur …Bon vent pour l Atlantique à J.yves que nous ne verrons pas tout de suite . François .

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