Des Tonga à la Nouvelle-Zélande : la dernière traversée

Clairance faite à Pangai, nous mouillons pour la nuit dans la petite anse de l’île Uoleva pour attendre le moment propice au départ. Dès le lendemain matin , branle-bas de combat, les conditions météo semblent favorables à la traversée. Nous partons. Three Sheets avec qui nous avons décidé de naviguer de conserve, nous suivra dès le lendemain matin, après avoir fait le plein de gazole. Voilier de 14 m, il nous rattrapera ! Belle journée au portant, dimanche 13 octobre. Au large de l’île de Haafeva, nous apercevons une baleine qui fait jaillir des gerbes d’eau en battant la mer avec sa large queue. Super chouette !

Nous voguons vers Minerva, un atoll à peine émergeant à marée basse, recouvert à marée haute, sans végétation, qui peut constituer une étape d’attente si les conditions météo devenaient mauvaises plus au sud.

Nous laissons Hunga Tonga à tribord avec une petite appréhension quand même. Pas loin de là, une nouvelle île est sortie de mer en 2014 au cours d’une puissante éruption volcanique. Et un mois avant notre arrivée aux Tonga, début août, une autre éruption, à proximité, a recouvert la mer de cendres et de pierres ponce sur 100 km2. Certaines pierres atteignent la taille d’un ballon de basket. Cette île flottante abrasive est encore à la dérive.

Trois jours après notre départ, nous passons à l’ouest de Minerva nord, après avoir franchi le tropique du Capricorne, 23°26 S. Il fait nuit, il pleut des cordes.

Nous passons notre chemin et continuons notre route vers le sud-ouest. Après une première journée de vents portants, nous traversons, au coeur de l’anticyclone, une pétole de 2 jours, mer d’huile, vent 5 noeuds, vitesse 2,5 noeuds. Tranquillement nous franchissons une nouvelle ligne invisible, celle des 180° qui nous fait passer de 179.59 W à 179.59 E. Nous ne sommes pas pressés car la dépression annoncée au centre de la Nouvelle -Zélande, se décale vers le nord à notre rencontre. Nous préférons rester à l’écart de rafales annoncées à 50 à 55 noeuds. Nous visons l’ouest pour nous placer à l’arrière de la dépression qui suit une trajectoire est-ouest. Marie en profite pour faire du pain tous les jours : à l’anis, aux amandes, aux raisins, aux noix …

Pendant trois jours, nous faisons des ronds dans l’eau autour du point 171°E 29°S suivant les conseils de Northland Radio (une association de tracking qui peut déclencher le Search and Rescue) et de Michel, expérimenté, qui, à distance, surveille son grand frère. Merci du soutien ! Pendant tout ce temps, la température chute significativement et nous oblige à sortir couettes pour le lit, vestes de quart, gants , bonnets et chaussettes de laine pour le cockpit. Ce coucher de soleil magnifique nous prépare deux jours de pluie non stop. Tout se paye en mer !

Mercredi 23 octobre, la dépression passe au sud, nous pouvons enfin courir après pour essayer de bénéficier de vents favorables. In fine, le vent du sud et les vagues de face, courtes et abruptes, auront mis le bateau et l’équipage à rude épreuve.

Après deux derniers jours de belle navigation dans une mer apaisée et un vent favorable, nous arrivons, par nuit noire, samedi 26 octobre, dans la Baie des Îles (Bay of Islands) et remontons la rivière, en visant soigneusement entre les bouées rouges et vertes, jusqu’au quai de quarantaine de la Marina d’Opua.

Le lendemain matin, la douane et les services de biosécurité sont au grand complet avec la chienne Anika, qui présente sa carte de visite avec photo. Anika, labrador de 4 ans, est spécialisée dans la détection de drogue et de cash ! Délicate, elle monte à bord avec ses petits chaussons néoprène. Et elle ressort bredouille et sans rancune ! Quand à l’agent chargée de la biosécurité, sa moisson n’est guère meilleure puisque nous avions épuisé tous les produits frais et d’ailleurs presque toutes nos réserves. Elle ne remporte qu’un petit fond de sac de maïs. Bon débarras conclut Jean-Yves qui n’aime pas du tout le pop corn …

Nous partageons nos impressions à l’arrivée avec les autres équipages.Tout le monde a souffert au cours de cette traversée, y compris ceux, qui comme Three Sheets, se sont arrêtés plusieurs jours à Minerva.

5 commentaires sur “Des Tonga à la Nouvelle-Zélande : la dernière traversée

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  1. Merci pour cette année d’exotiques explorations insulaires dans des endroits parfois improbables… La Bretagne va-t-elle vous sembler étroite..? Et pourtant, il y a aussi du corail à Houat… Bises.
    JLC

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  2. Votre arrivée pluvieuse au pays du nuage blanc me rappelle une agréable aventure livresque de Sarah Lark!
    Au fait, avez-vous envie de rentrer ?….moi non 😉 car grâce à vous j’ai aussi voyagé ! Merci !

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